Source : LA LIBRE BELGIQUE - le 23/09/2007
Villepin se livre à une attaque contre Sarkozy
... et sa frénésie
Politique étrangère, BCE, politique sociale, effacement du Premier ministre, Clearstream... Dominique de Villepin s'est livré dimanche à une attaque sur tous les fronts contre son ancien rival Nicolas Sarkozy, en lui conseillant au passage de sortir de sa "frénésie".
Très présent ces dernières semaines dans les médias pour, officiellement, promouvoir son dernier livre consacré à Napoléon, l'ancien Premier ministre s'est montré très offensif, au micro de Radio J, vis-à-vis du président de la République.
Tout en prenant soin de répéter à maintes reprises qu'il souhaitait le succès du locataire de l'Elysée, il a estimé que ce dernier devait sortir "de la frénésie actuelle" car "les Français ne peuvent pas vivre dans un tourbillon permanent".
"Nicolas Sarkozy a une ambition, il faut qu'il apprivoise cette ambition et qu'il s'apprivoise lui-même pour atteindre la sérénité" et "être dans un rapport avec la nation qui évite les divisions", a-t-il insisté. S'il se défend d'être le "chef de l'opposition" et se voit plutôt en "chef des propositions" qui entend "dire ce qu'il en pense" dans "l'esprit de cour" ambiant, M. de Villepin s'est inquiété de certaines dérives et a volé au secours de son successeur, François Fillon, qui ne doit pas être "court-circuité" mais au contraire "jouer tout son rôle".
"Chacun doit prendre sa place, le gouvernement, les ministres, les administrations, et alors on pourra peut-être rentrer dans le vif du sujet, c'est-à-dire le début des résultats", a-t-il asséné.
"Est-ce que l'UMP occupe aujourd'hui toute sa place pour animer le débat gouvernemental? ", s'est-il interrogé, avant de répondre: "insuffisamment".
S'agissant des priorités sociales affichées par M. Sarkozy, l'ancien locataire de Matignon a égrené "des tas de domaines" où le gouvernement doit être "davantage présent": lutte contre la pauvreté, hébergement d'urgence, famille, santé... "Ce n'est pas parce que la forme donne le sentiment d'une hyper-présence" du chef de l'Etat "que l'ensemble des problèmes est traité", a-t-il encore lâché.
M. de Villepin s'est en outre "inquiété" d'un certain "alignement" de la France en matière de politique étrangère sur une administration américaine "finissante" et qui "s'est beaucoup trompée", notamment sur l'Irak. Autre pique en direction de l'Elysée, il a dit n'être "pas sûr" que les critiques émises contre la politique de la Banque centrale européenne fassent "avancer les choses". "Il ne faut pas se tromper de cible (...) Trop souvent, l'Europe a été le bouc émissaire de nos plaintes et de nos critiques", a lancé M. de Villepin.
Sur le dossier Clearstream, à l'origine de la tension extrême entre les deux hommes, il a réaffirmé que Nicolas Sarkozy avait "déformé ou mal apprécié" les choses "dans, comme l'a dit Jacques Chirac, cette affaire de cornecul". "Quand je l'écoutais" jeudi soir "à la télévision, je ne savais pas si j'écoutais la partie civile ou le président de la République", a dénoncé M. de Villepin. "Cette confusion est dommageable à la sérénité du dossier et elle peut impressionner le cours de la justice", a-t-il encore martelé, faisant allusion au fait que le chef de l'Etat préside le Conseil supérieur de la magistrature.
HOU LA LA ... CA DECOIFFE !!!