L'UIMM de M. Gautier-Sauvagnac disposerait d'une caisse noire de centaines de millions d'euros
Les retraits suspects effectués par Denis Gautier-Sauvagnac -- évalués par les enquêteurs de la brigade financière à plus de 17 millions d'euros -- pourraient provenir d'un important "trésor de guerre" constitué par l'Union des industries et des métiers de la métallurgie (UIMM) à partir de 1968. C'est ce qu'affirment Les Echos dans leur édition de mardi 16 octobre, évoquant "plusieurs centaines de millions d'euros" provenant d'une "cotisation spéciale" versée par les entreprises membres de l'UIMM, la plus puissante fédération du Medef.
Selon Les Echos, cet argent se répartit entre plusieurs fonds, dont le plus important, une caisse de solidarité "antigrève" créée après les événements de mai 1968, est crédité à hauteur de 160 millions d'euros. "Il s'agissait d'éviter la mollesse de certains patrons dans les négociations, de les encourager à la fermeté moyennant rétribution", explique dans les colonnes du quotidien un ancien patron du CNPF, l'ancêtre du Medef. Concrètement, les riches entreprises de l'UIMM versaient une cotisation de l'ordre de 0,1 % de leur masse salariale, de quoi, selon Les Echos, constituer "une belle cagnotte".
À QUOI SERVAIENT LES FONDS ?
L'enquête n'a pas permis, pour l'heure, d'identifier la destination des fonds. Les syndicats ont démenti tout financement occulte, une piste un temps évoquée par la presse. Denis Gautier-Sauvagnac avait initialement parlé du financement des "oeuvres sociales" de l'UIMM, évoquant l'aide aux salariés et retraités nécessiteux. Il a ensuite expliqué avoir utilisé l'argent pour "fluidifier les relations sociales", sans autres précisions.