
La vérité des chiffres,
ceux des sondages,
ceux de notre pouvoir d’achat
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(Source : Intox2007.info - 01.11.2007)
(…) Et puis en ce jour, qu'est ce qui est plus important comme chiffres ? Je vous propose plusieurs réponses toutes aussi intéressantes.
Fillon perd 8 % en un mois dans le dernier sondage Sofres, et Sarkozy a perdu 11 % en deux mois. Je vous invite à méditer les réponses secondaires, celles que les journaux ne commenteront peut-être pas, et que les médias TV mettront sous silence. Jugez-en par vous même, beaucoup de gens voient l'avenir en noir. D'ailleurs il faudra bien un jour démonter l'illusion de la progression moyenne du pouvoir d'achat, ça grimpe en haut, ça stagne en bas : cela suffit à donner une augmentation moyenne.
La lutte contre le chômage reste la tâche jugée prioritaire (34 %, - 2) mais la lutte contre la hausse des prix (28 %, + 4) gagne du terrain.
Sur ces dossiers, les personnes interrogées ne croient pas en l'efficacité du gouvernement: 85 % (+ 5) pensent qu'il n'est pas efficace contre la hausse des prix et 73 % (+ 4) qu'il ne l'est pas contre le chômage (+ 6). Seules 18 % (- 3) d'entres elles pensent que les choses vont en s'améliorant, 62 % (+ 4) estimant qu'elles ont tendance à aller plus mal. Elles sont 74 % (+ 7) à prédire "beaucoup de conflits sociaux". 46 % (+ 5) considèrent que le rôle de la France s'affaiblit contre 31 % (- 7) qui jugent qu'il se renforce.
A votre avis, l'effet Sarkozy est il bénéfique ou anxiogène ? Tout indique que la deuxième option est la bonne, enfin celle qui s'adapte et pas la meilleur pour nos concitoyens.
L'INSEE en rajoute une couche : le moral des citoyens de ce pays est en berne, et ça continue sur la lancée : il n'y a pas d'effet Sarkozy dans le moral des ménages. La morosité s'installe, pas d'effet magique.
Parmi les soldes composant l’indicateur résumé, seul le solde d’opinion concernant les perspectives d’évolution du niveau de vie en France est en légère hausse en octobre. Celui sur l’évolution passée du niveau de vie en France se dégrade. Les ménages sont un peu plus pessimistes que le mois dernier sur leur situation financière personnelle future. Leur opinion sur l’évolution passée de leur situation financière se détériore également. Enfin, ce mois-ci les ménages sont de nouveau moins nombreux à penser qu’il est opportun de faire des achats importants.
L'indice des prix est inadapté à de nombreux cas, c'est "Le canard enchaîné" qui nous le confirme: un rapport a été remis à Fillon. Cela on le savait, pendant la campagne électorale, Ségolène Royal en avait parlé, et on se moquait de cette proposition. D'après le volatile, un rapport circule à Bercy et celui-ci indique que pour les 20 % des ménages les plus modestes, le poids des dépenses contraintes est passé de 50 à 75 % depuis 2001. Cela veut dire que pour un revenu net de 1 000 euros, il ne reste que 250 € pour se nourrir, se vêtir et se divertir. Que sont les dépenses contraintes ? ce sont les choses devenues obligatoires pour vivre : loyer, EDF, eau, téléphone, mobile parce qu'on doit être mobile en plus d'être flexible, internet parce que sinon on n'est plus informé, mutuelle parce que la sécu ne rembourse plus comme avant, rajoutez à cela tous les prélèvements et les frais bancaires qui augmentent... Libération en parlait déjà en 2006, c'est donc encore plus d'actualité.
Certains économistes expliquent d'ailleurs que l'indice des prix INSEE n'est plus réaliste et que la situation s'est aggravée depuis 2001. Tout le monde à bien ressenti que le prix moyen de son cadie ou panier de courses avait grimpé depuis le passage à l'euro. Les arrondis en tout genre, repackaging de produits et hausses constantes ont servis à la grande distribution pour engranger encore plus de profits. Par exemple, Carrefour a engrangé 58% de profits en plus en 2006. Tout n'est pas réalisé en France, mais on se doute bien qu'une partie l'est. Les banques grand public ont fait entre + 10 et + 30 % de profits en 2006, elles avouent elle même que cela est possible grâce à la ponction de frais auprès de leurs clients.
Et que fait le gouvernement Fillon-Sarkozy pour lutter contre ça ? Rien, ou plutôt semblant: il va proposer aux banques d'être transparentes sur les frais qu'elles sucrent à leur clients, souvent quand ceux-ci sont déjà dans le rouge. Qu'est-ce que cela changera pour le client qui se fait sucrer 100 € de savoir que ce sont des frais pour X, Y ou Z ? Le montant restera le même et qu'on ne nous dise pas que la concurrence jouera à l'avantage du client. Cela ne s'est jamais produit, et rien ne changera : la règle dans ce domaine c'est le laisser-faire des libéraux.
D'ailleurs sur l'évolution de ces dépenses contraintes, je vous conseille la lecture de ce bref article de l'Humanité, en voici un extrait. Premier poste de dépense des ménages français, le logement coûte de plus en plus cher. Il se situe désormais loin devant l’alimentation (respectivement 24 % et 17 %, selon l’INSEE) alors que la situation était inverse au début des années 1980. Et encore, ne s’agit-il là que d’une moyenne. Pour les catégories les plus modestes de la population, le taux d’effort (part du budget des ménages consacrés au logement) est plus proche des 30 %, 40 %, voire de 50 %. Plus généralement, en quarante années, le poids des dépenses contraintes (logement, charges, assurances, crédits, impôts et autres) est passé de 22 % à 45 % du budget des familles .