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Travail du dimanche :
c'est non !
Source : Le Blog de Michèle Delaunay
étendre et payer double le travail du dimanche
C'est tout d'abord faire bien peu de cas de la vie personnelle, sociale et familiale de ceux qui sont susceptibles d'y souscrire. Trois millions et demi de Français travaillent déjà le dimanche : hospitaliers, restaurateurs, policiers, standardistes... tant de mêtiers justifient déjà cette astreinte. Il s'agit ici de l'étendre principalement, sans motif véritable de service, aux employés de la grande distribution.
Leur travail est-il si passionnant, leur conditions d'exercice si favorables, que l'on doive en plus les priver d'accompagner leur gamin au foot, de déjeuner avec l'oncle Marcel ou la cousine Françoise, ou encore de suivre les séances de la société linéenne ?
C'est bien sûr la première raison de dire "non".
Toutes les civilisations, toutes les religions, connaissent un jour de repos. Un jour où l'on est autre et où l'on échappe aux contraintes habituelles pour "respirer", être soi, vivre tout simplement sa vie à sa guise et à son rythme.
Les enfants vont en pâtir plus gravement encore que les adultes, et c'est ce qui me nâvre : comment une promenade du dimanche entre les rayons d'Auchan pourrait-elle être constitutive de la personnalité ? Je suis, avec beaucoup de scientifiques, convaincue que ce que j'appelle "le silence dans la tête des enfants", la nécessité de faire appel à ses ressources intérieures, d'inventer des jeux, de se raconter des histoires, est indispensable à l'équilibre et à la construction du soi. C'est mal parti.
Les raisons économiques m'échappent. Le pouvoir d'achat des consommateurs va-t-il augmenter pour autant ? Non, il va seulement se déplacer vers des objets de consommation le plus souvent inutiles et de maigre qualité. Au détriment des produits culturels, d'un dîner au restaurant, d'un spectacle...
La nécessité de payer les vendeurs plus chers et avec une plus grande amplitude horaire risque de se répercuter sur le prix de vente. Là je suis moins sûre de moi, et en réalité ce n'est pas ce qui m'occupe le plus.
Cette mesure va tout simplement au contraire de ce dont notre société souffrante a besoin : rééquilibrer les valeurs, revenir à l'essentiel : l'activité physique, la culture et l'étude, les liens sociaux et familiaux..
L'abêtissement nous est maintenant vendu comme un moteur de croissance, alors qu'il est fondamentalement, dans toutes les civilisations un signe de déclin et de décadence.