Ce lundi 15 février, Nicolas Sarkozy a ouvert le chantier de la réforme des retraites. Un dossier explosif. La CGT est à cran. Mais le Gouvernement joue habilement la carte du dialogue. Un beau jeu de dupes en perspective.
La CGT et le Gouvernement sont d'accord sur un point. L'urgence, ce n'est pas la réforme des retraites. Invité sur Europe 1, le 15 février, Laurent Wauquiez, secrétaire d'Etat à l'Emploi a calmé le jeu : "notre politique sociale ne peut se résumer à la réforme des retraites". Sur France Inter, le même jour, Bernard Thibault, secrétaire général de la CGT, ne dit pas mieux. Pour lui, le système de retraite "ne nécessite pas de mesures urgentes".
Pour le reste, chacun est dans son rôle, comme on aime à dire dans les milieux officiels. Thibault joue les gros bras et Wauquiez calme le jeu. "On ne passe pas à la hussarde", a assuré le secrétaire d'Etat. Sa tactique, c'est jouer la montre en mettant d'autres dossiers sur la table : l'emploi, la politique industrielle...
Mais il n'a précisé aucune piste de réforme. "La réforme des retraite n’est pas bouclée. Aujourd’hui on arrête la concertation et le calendrier. Ensuite on aura le travail conjoint avec les partenaires sociaux", a-t-il dit.
Là est le jeu de dupes. En 2003, lors de la précédente réforme des retraites, le Gouvernement n'a que peu voire pas du tout cédé aux pressions syndicales. Et sur le plan politique, la droite a été reconduite 4 ans plus tard. Le ministre des Affaires sociales de l'époque a même été promu puisqu'il s'agissait de François Fillon, aujourd'hui Premier ministre. Et au PS, on n'a pas fini de tergiverser sur le sujet.
C'est finalement autre chose qui se joue dans cette réforme. Les syndicats, la CGT, en premier lieu, fait mine de hausser le ton pour sauver la face dans un monde syndical en crise tout en montrant que la CGT n'a pas été "achetée" par l'accord sur les nouvelles règles de représentativité. De l'autre côté, le Gouvernement veut jouer les gentils pour donner des gages en pleine crise économique et sociale mais il sait aussi qu'il a un électorat à cajoler en lui montrant que le sarkozysme c'est la réforme
Finalement, ce n'est pas rue de Grenelle que devraient se tenir les négociations mais au Théâtre des deux ânes.