Une petite commission ? Ou une grosse ? ... là, j'ai honte !!! La commission façon Sarkozy, une carte postale médiatique !
Source : Marianne2.fr - le 28 décembre 2009
Brandies comme des erzatz de débats visant à enterrer les polémiques, les commissions s'entassent dans le bilan de Sarkozy comme autant d'écrans de fumées pour masquer les vrais problèmes, des salaires à l'éducation en passant par les prisons. Vous souvenez-vous de la commission Cotis ? Mais si, voyons, le rapport que Nicolas Sarkozy avait demandé au patron de l'Insee sur la répartition de la valeur ajoutée ? Si vous ne vous en souvenez pas, c'est qu'il a fait son oeuvre : commandé comme des dizaines d'autres pour calmer une polémique, le rapport Cotis s'en est allé remplir les étagères bien garnies des dossiers classés.
Quand le président de la République l'avait commandé, la bataille faisait rage dans l'opinion autour de la répartition des bénéfices : en pleine crise, les dividendes indécents distribuées par les entreprises du Cac40 aux profits records, notamment Total, avaient créé le scandale alors que chacun craignait une vague de chômage massif... Comme pour trancher le débat, Nicolas Sarkozy avait commandé un rapport à Jean-Philippe Cotis. Remis le 13 mai, il concluait que, depuis 20 ans, la part des salaires était stable dans la valeur ajoutée (non sans quelques pirouettes mathématiques ). La polémique, depuis, était enterrée. Comme des dizaines d'autres.
Gâteau à partager ...
Une polémique, une personnalité, des conclusions conforme au projet ... et hop, le tour est joué !
Depuis mai 2007, pas un mois ne se passe sans qu'un nouveau cadre de l'UMP délaissé, ambitieux à calmer ou figure de l'opposition à rallier ne soit investi d'une mission d'étude par le président de la République sur les sujets les plus variés : intégration des personnes mal-voyantes (Gilbert Montagné), TVA sociale (Eric Besson), la revalorisation du métier d'enseignant (Michel Rocard), Alzheimer (professeur Joël Ménard)... Rien n'échappe à la commissionnite aigüe !
La recette est simple : prenez un débat un peu épineux sur lequel la majorité ne dispose d'aucune réponse, choisissez une personnalité symbolique dont on vante les « mérites », laissez la concocter un rapport aux conclusions conformes au projet initial du gouvernement , remerciez la bien chaleureusement lors d'une conférence de presse et tassez bien soigneusement le document au fond d'une poubelle.
Un outil pour calmer la grogne des profs, de patrons de presse ...
Parfois même, sans délicatesse, Sarkozy grille la politesse à ses propres commissionnaires : alors qu'il avait convoqué Philippe Léger pour un rapport sur la réforme de la procédure pénale, le Président annonce lui-même la suppression du juge d'instruction ! C'est dire le poids de la réflexion du magistrat. Par un heureux « hasard », les conclusions de ces travaux ne contredisaient pas l'Elysée.