"On a été oubliés, on s'est fait enfler" : les salariés de la raffinerie des Flandres, ne décoléraient pas mercredi contre la direction de Total et le gouvernement, qui ont joué, selon eux, la division syndicale pour casser la grève.
"Il y a eu des avancées pour certains, pour les autres raffineries et les dépôts qui ont obtenu des garanties. Mais nous, on a été oubliés, on s'est fait enfler", a estimé Jean-Luc Carette, employé de la raffinerie, en grève depuis plus d'un mois et à l'arrêt depuis septembre.
"Alors on va durcir l'affaire, au risque de coups d'éclats", a-t-il déclaré devant une centaine de raffineurs en tenue de travail, réunis autour des braseros fumants du piquet de grève.
"Nous décidons de continuer le combat et de poursuivre la grève", a déclaré Patrick Leclaire, délégué FO. A main levée, les grévistes ont voté la poursuite du mouvement.
Le ministre de l'Industrie, Christian Estrosi, a averti le groupe pétrolier que la raffinerie de Dunkerque devrait rouvrir s'il n'y avait pas «un vrai projet de substitution». Il a reproché à la direction du groupe pétrolier d'avoir laissé «courir une rumeur»concernant Dunkerque.
Au niveau national, Total s’engage à ne procéder à aucune fermeture de raffinerie, en dehors, de celle, éventuelle, de Dunkerque : «Au-delà du projet d’évolution de l’établissement des Flandres, il n’y aura ni fermeture, ni cession de ses raffineries françaises au cours des cinq prochaines années», a-t-il précisé dans un communiqué.
Total s’engage à «assurer au sein du groupe la pérennité de l’établissement des Flandres», mais pas nécessairement avec une activité de raffinage, à participer d’ici fin mars à une table ronde sur le bassin dunkerquois et à garantir un emploi chez Total aux salariés.
La question des capacités n’est pas évoquée dans le communiqué du groupe, qui précise vouloir maintenir «un outil de raffinage adapté, moderne et compétitif».