Incroyable :
Emmanuelli soutient Gbagbo malgré tout !
Source :marianne2.fr - le 3 décembre 2010
Une élection, deux présidents et un pays totalement divisé : malgré les exhortations, pour ne pas dire les gesticulations, des Chancelleries occidentales comme de l’ONU, le scrutin présidentiel ivoirien a débouché sur une impasse, avec à la clef un sérieux risque de nouvelle guerre civile. Pour la plupart des journalistes et observateurs internationaux présents sur place, la victoire d’ Alassane Ouattara, déclaré vainqueur par le président de la Commission électorale indépendante (54,1% des voix contre 45,9% à Laurent Gbagbo) semble avoir été acquise à la régulière. Ban Ki-moon le secrétaire général de l’ONU s’est d’ailleurs définitivement rangé à cette idée vendredi soir. Peu avant pourtant, il s’est trouvé plusieurs membres du Parti socialiste français, Henri Emmanuelli en tête, pour venir à la rescousse du président sortant. Et ainsi implicitement avaliser la décision du Conseil constitutionnel ivoirien, dominé par ses proches, de proclamer Gbagbo élu avec plus de 51% des suffrages.
Ami personnel de ce dernier, le président du Conseil général des Landes a cru bon de fustiger « les donneurs de leçon » engagés dans « une campagne de suspicion et de dénigrement à sens unique dirigée contre les autorités ivoiriennes. » Si l’on mène à son terme la logique intellectuelle du « vrai homme de gauche » qu’ Emmanuelli a toujours prétendu être, Alassane Ouattara le serait donc l’illégitime gagnant choisi, pour ne pas dire « coopté », par une sorte de parti de l’ étranger, en clair l’Occident (Francafrique comprise bien sûr) et les élites mondialisées. Et tant pis si rien n’est venu sérieusement étayer les accusations de fraudes dans les provinces du Nord, plutôt favorables à Ouattara, martelées par le camp Gbagbo. S’il faut probablement s’interroger sur les raisons profondes qui poussent plusieurs caciques socialistes (Jean-Christophe Cambadélis, Jack Lang, Jean-Marie Le Guen entre autres) à soutenir envers et contre tout un homme que François Hollande avait déclaré en son temps « infréquentable », l’angle d’attaque d’Emmanuelli risque hélas de trouver un écho bien plus dramatique sur place.
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