
Les médias en parlent peu, de ce sondage portant sur l'action du chef de l'Etat et du gouvernement !
Quel que soit la question posée, le jugement des Français est très négatif. C'est sans appel :
"Une très grande majorité des sondés considère que les mesures prises ces derniers mois ne vont pas dans le bon sens pour limiter les effets de la crise (60 %), qu’elles ne sont pas en adéquation avec les préoccupations des Français (70 %), ne profitent pas équitablement aux salariés, aux patrons et aux actionnaires (71 %) et ne profitent pas équitablement à tous les Français (83 %)."
L'impact du "bouclier fiscal"
Les mêmes questions avaient été posées en février dernier, et, en huit mois, le nombre de déçus progresse notamment sur les deux derniers points ayant trait à l'équité. Et ce, toutes catégories socioprofessionnelles confondues. L'impact négatif sur l'opinion du " bouclier fiscal ", adopté à l'été 2007, continue de faire son oeuvre. Et les rappels à l'ordre répétés du chef de l'Etat sur les rémunérations des patrons n'ont manifestement pas convaincu.
Ce faisant, le jugement sur l'action de Nicolas Sarkozy lui-même face à la crise est de plus en plus sévère. Les Français sont de moins en moins nombreux à la trouver " appropriée " (17 %, - 3 points par rapport à octobre 2008) et " rassurante " (16 %, - 2 points en un an). Là encore, les appréciations négatives dominent, 27 % des personnes interrogées optant pour " inefficace " et 38 % pour " désordonnée ". Cette dernière appréciation augmente de 7 points en un an. " Sans doute l'impact de la rentrée difficile de l'exécutif ", note Gaël Sliman.
Attachement au service public
L'avenir de La Poste, l'un des débats forts de la rentrée, tourne au désavantage de l'exécutif. Une grosse majorité de Français (59 %) souhaite ainsi que le gouvernement " tienne compte " de la votation citoyenne, qui a rassemblé plus de 2 millions de suffrages, " en renonçant à l'ouverture du capital "de l'entreprise publique " parce que cela conduira à sa privatisation ". Seuls 34 % d'entre eux adhèrent à l'argumentaire des ministres réfutant toute valeur à cette consultation " puisqu'il n'a jamais été question de privatiser La Poste ".
Le directeur général adjoint de BVA en tire un double enseignement : " l'attachement des Français au service public, qui les rend méfiants face aux ouvertures de capital ", et la volonté de prendre en compte une expression citoyenne importante. Cette dernière motivation explique, selon lui, qu'une minorité significative de sympathisants de droite (33 %) souhaite que l'exécutif tienne compte de la votation.