Source : LE MONDE.fr - le 24 octobre 2009
Il avait ouvert le procès, lundi 21 septembre, en se déclarant "victime de l'acharnement d'un homme, Nicolas Sarkozy, qui est aussi président de la République". Il s'en était encore pris au chef de l'Etat, mardi 20 octobre, à l'issue du réquisitoire du procureur de la République, Jean-Claude Marin, qui venait de demander contre lui une peine de dix-huit mois avec sursis, en affirmant devant micros et caméras :
"Nicolas Sarkozy avait promis de me pendre à un croc de boucher, je vois que la promesse a été tenue." Le prévenu Dominique de Villepin a tenu à avoir le dernier mot à l'audience, vendredi 23 octobre. Avant de quitter ses juges, il a affirmé : "Je veux simplement que vous sachiez qu'à aucun moment je n'ai eu le sentiment d'être humilié en étant devant vous."
Dehors, changement d'attitude, c'est l'homme politique qui s'est présenté face à la presse. "Je pense que les Français savent maintenant que j'ai été accusé à tort. Pendant quatre ans, j'ai souffert, ainsi que ma famille, d'un acharnement.Mais je veux tourner la page et regarder vers l'avenir.
Je garde la main ouverte vis-à-vis de Nicolas Sarkozy. Je n'ai pas de rancoeur au fond de moi et je veux servir les Français à la place qui est la mienne."
Quelques instants plus tard, invité de Canal+, Dominique de Villepin a renouvelé sa volonté d'apaisement : "Je crois qu'en politique, mais c'est également vrai dans la vie, la haine est le pire des tombeaux."
Ultime clin d'oeil - involontaire ? Le tribunal a mis son jugement en délibéré au jeudi 28 janvier, jour anniversaire de... Nicolas Sarkozy.