Face à onze interlocuteurs choisis par TF1 pour l'interviewer, le président de la République a joué la pédagogie et la proximité pour défendre ses réformes.
Onze «vrais gens», un Jean-Pierre Pernaut juste pour passer les plats, une Laurence Ferrari simplement pour s’échauffer, bref une soirée théma Nicolas Sarkozy bordée de velours pour... finalement pas grand chose.
Censé permettre une «mise en perspective» des réformes, le dispositif imaginé par TF1, avec la bienveillance de l’Elysée, a tourné au passage en revue à toute vitesse d’une foule de questions économiques et sociales à l’aune des soucis de chacun de ces intervieweurs amateurs. Chaque quidam pioché par TF1 dans ses reportages du 13 ou du 20 heures, passant au guichet présidentiel pour régler son cas. Sarkozy déroule ses réponses fichées ce week-end à l’Elysée: «Je suis un Français comme les autres, il se trouve que pour cinq ans, je suis président de la République, c’est mon devoir de dialoguer avec vous.» Peu d’embûches, peu d’annonces. A deux mois des régionales, une promenade de santé ou presque.
Reçu d’abord pour un face-à-face classique, Sarkozy tombe sur une série de questions attendues. Laurence Ferrari tente un démarrage un peu punchy sur la situation d'Henri Proglio, patron d’EDF et toujours président du conseil d’administration de Veolia. Facile, Sarkozy a révisé. Vantant les «qualités professionnelles exceptionnelles» de Proglio, il dégaine le tract des syndicats de Veolia appelant à laisser leur patron assurer «la transition». «Quand la transition sera faite, il se consacrera à 100% à EDF», assure-t-il.
«Excusez-moi d’aller vite»
Les revenus mirobolants du grand patron? Il renvoie le compliment: «vous savez, on pourrait demander votre salaire. Et si on devait le comparer à un smicard, ça choquerait aussi», réplique Sarkozy.
On enchaîne sur les réfugiés kurdes, manipulés selon Sarkozy par des passeurs, ces «esclavagistes, assassins, qui utilisent la misère humaine, ces criminels, trafiquants». On défend le débat sulfureux sur l’identité nationale, «profondément utile» pour éviter le «repli communautaire». Sur la réforme des retraites, il se veut rassembleur, rêvant du «consensus le plus large» et en appuyant sur l’ambiguité du PS - «j’ai vu que Mme Aubry proposait que les Français passent à la retraite à 62 ans».
Suivent la reconstruction d’Haiti, les renforts en Afghanistan, les journalistes de France 3 - «pas de polémique» -, le procès Clearstream. Après le lapsus sur le mot «coupables», Sarkozy évite le piège: «Que la justice fasse son travail et dise ce qu’elle pense.» Voilà un premier volet rondement mené et hop, passage au studio suivant.
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