
Les socialistes, si la liste Mandroux a été éliminée dès le premier tour en Languedoc-Roussillon, n’en ont toujours pas fini avec Georges Frêche. Quelle consigne de vote donner pour dimanche? Joli tiraillement. La première secrétaire du PS, Martine Aubry, avait appelé lundi à «faire barrage à la droite et à l’extrême droite» tout en refusant de soutenir le sortant divers gauche.
Les députés, Pierre Moscovici, François Hollande, et l’eurodéputé Vincent Peillon, sont allés plus loin. «Pour battre la droite et l’extrême droite, il ne reste plus qu’un bulletin, c’est celui de Georges Frêche», a posé Moscovici sur Public Sénat.
Hollande, dans un entretien à la Tribune, opine: «puisque sa liste est la seule en face de celle de la droite, c’est elle qui doit avoir notre soutien.» Allant jusqu’à regretter la décision du PS de présenter une autre liste face à Frêche - «pas ce qu’on a fait de plus intelligent» -, Peillon, sur RMC, juge que «les urnes ont parlé» dimanche et appelle à voter pour Frêche... qu’il souhaite «évidemment» voir compté dans un éventuel grand chelem du PS.
Claude Bartolone, lui, ne saute pas le pas. «Je ne sais pas, hésite-t-il sur France info. C’est à eux [électeurs] de voir, s’il y a une triangulaire et qu’il n’y a pas de danger de victoire de la droite...Je leur dis: faites comme vous voulez mais il faut éviter que la droite et l’extrême droite puissent triompher.»
François Fillon s’est donc fait un plaisir de souligner cet embarras: «Il n’y a plus de réflexion autour de la morale et de l’éthique. Il faut battre la droite, il faut donc élire Georges Frêche», a-t-il raillé.