L'Editorial de Laurent Joffrin : "Le confort de DSK"
Source : NOUVELOBS.COM - le 10 mars 2011
Les palinodies socialistes ont quelque chose de désespérant. Après avoir décidé d'un processus de désignation de leur candidat plus démocratique et plus moderne, qui a reçu l'approbation de leur direction et de leurs militants, voilà qu'ils se mettent à douter publiquement de sa pertinence.
Pierre Moscovici et quelques autres s'interrogent désormais sur l'utilité de primaires qui ont été décidées par Martine Aubry il y a de longs mois.
"Mosco" s'inquiètent des divisions que ce système risque d'attiser. Sans doute pour montrer l'exemple, il fait entendre une voix contraire à celle de son parti, ce qui revient à diviser son camp au nom de l'unité...
En fait ces états d'âme sont ceux non d'un socialiste épris d'harmonie, mais d'un strauss-kahnien saisi de prurit tactique. Il serait plus simple, pense-t-il, de désigner "Dominique" sans vote populaire, de manière à lui épargner les affres d'une pré-campagne électorale et de lui laisser le temps de continuer encore quelques mois sa tâche au FMI.
Autrement, il s'agit d'une manœuvre de confort destinée à faciliter la vie d'un champion qu'on juge seul candidat possible.
Moscovici pourrait aussi proposer que DSK soit nommé à la Présidence de la République au lieu d'être élu : le confort serait total...

En fait les primaires sont un mécanisme utile, propre à légitimer plus facilement le ou la candidate du PS, qui donne le pouvoir de décision aux électeurs au lieu de le réserver aux apparatchiks.
Elles ont bien sûr un inconvénient : on n'est pas sûr de leur résultat.
La démocratie est décidément inconfortable...