La Sarkozie a choisi son ennemi : Internet
Le porte-parole de l'UMP n’ira pas jusqu’au bout de sa démarche, refusant d’indiquer où se réunit chaque matin la clique des invincibles lève-tôt, les Demorand, Aphatie, Duhamel et autres dangereux comploteurs qui cherchent dans quelques sous-sols obscurs à faire tomber la Sarkozie.
A l’UMP, on s’est donné le mot, David Douillet, Xavier Darcos et Xavier Bertrand ont, eux aussi, utilisé le même argument pointant la calomnie médiatique. En situation de crise, l’UMP a choisi sa stratégie : décentrer le débat pour faire émerger d’autres sujets. La tendance du moment, Lefebvre l’a encore démontré ce matin, est à la mise en cause des médias. Plus précisément, ce sont les nouvelles "règles du jeu" imposées par les médias en ligne qui font trouble.
Invité de Laurent Ruquier, Séguéla, incarnation de la pensée primitive, et à ce titre pendant de Frédéric Lefebvre, a exprimé le ressentiment de tout ce monde, façonné à l’entre-soi et à la connivence : «Internet est la plus belle saloperie inventée par les hommes» -après la pub diront les esprits taquins.
Avec Internet, le politique a largement perdu la maîtrise de l’agenda médiatique, c’est autant de surface d’expression qui lui échappe, de même l’éditorialiste n’est plus le baromètre de l’opinion. Durant des décennies, ce jeu de dupes a suffi à produire l’illusion médiatique d’un débat politique. Certains en sont déjà nostalgiques.
A ce titre, les sorties de Séguéla, Lefebvre et autres porteurs de la parole officielle sont significatives du malaise qui agite la Sarkozie.