Depuis le début de sa campagne, Sarkozy fustige les "corps intermédiaires", taxés d'immobilisme, notamment les organisations syndicales. Il est allé jusqu'à promettre de recourir au référendum pour faire passer des réformes "en cas de blocage".
Sarkozy accuse les représentants syndicaux de "tromper" les salariés en "faisant de la politique" au lieu de les défendre.
Dans un entretien accordé à l'Est Républicain, au Républicain Lorrain et à Vosges Matin, lundi 2 avril, Nicolas Sarkozy critique à tout-va les permanents de la CFDT à l'aciérie ArcelorMittal de Florange (Moselle) menacée de fermeture :
"Ils trahissent la confiance des salariés. Ils sont venus m'insulter et essayer de casser mon siège de campagne. Ne confondons donc pas les salariés d'ArcelorMittal, que je ne laisserai pas tomber, et des syndicalistes qui trompent leurs adhérents en faisant de la politique au lieu de défendre l'intérêt des salariés".
Aurélie FILIPPETTI, députée PS de Moselle :
"DÉMAGOGIE ANTISYNDICALE DIGNE DU XIXE SIÈCLE"
"Le candidat sortant prend les syndicats comme bouc émissaire de ses propres échecs face à Mittal.
Dans un entretien donné aujourd'hui à la presse quotidienne de Lorraine, le candidat sortant a franchi toutes les bornes de l'irrespect et du mépris des salariés en s'en prenant avec une violence inouïe aux représentants démocratiquement élus des ouvriers d'ArcelorMittal de Gandrange et de Florange.
Non content de mentir de manière éhontée sur les fausses promesses qu'il aurait obtenues de la direction d'ArcelorMittal, il foule aux pieds toute la représentation syndicale de l'entreprise, pourtant élue à plus de 92% !
Appeler 'permanents syndicaux' des élus du personnel, qui continuent par ailleurs à travailler dans les usines d'une pénibilité extrême dont l'ancien maire de Neuilly n'aura jamais la moindre idée, relève de la grossière manipulation de l'opinion.
Nicolas Sarkozy montre qu’il ne connaît rien au fonctionnement des entreprises et qu’il méprise les Français qui travaillent au point de penser pouvoir les berner par cette démagogie antisyndicale digne du XIXe siècle. Son discours semble sorti de la bouche des représentants des Maîtres des Forges.
C’est gravissime de la part d’un Président de la République sortant dont le rôle est de garantir l’exercice des libertés fondamentales dont le droit syndical.
Il diffame les ouvriers en les accusant d'avoir voulu casser son siège de campagne, alors que depuis des semaines de mobilisation, ils n'ont été responsables d'aucun acte de violence.
Nicolas Sarkozy revient au temps des Maîtres des Forges !
La violence, elle vient de l’Elysée qui a ordonné que l’on envoie des gaz lacrymogènes à la figure des salariés !
Les ouvriers savent désormais à quoi s’attendre avec Nicolas Sarkozy : la fin de leurs droits syndicaux, la criminalisation de leur mobilisation. Ils doivent subir les décisions qui les condamnent sans protester.
Au lieu de faire la preuve de sa détermination face à Lakhshmi Mittal, c’est contre les salariés d’Arcelor que le candidat sortant a retourné sa colère. Les Français sauront lui rappeler qu’il a été élu pour les défendre et qu’il ne peut se prendre qu’à lui-même de l’échec de sa politique industrielle."
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