
Devant les Français sélectionnés par TF1, le Président s'est livré à des prédictions et a commencé à dessiner la réforme des retraites
L'essentiel
Nicolas Sarkozy face aux Français, mais à des Français redessinés par Jean-Pierre Pernaut, après une interview zapping d'un quart d'heure avec Laurence Ferrari. Il ne pouvait rêver plus formidable moment pour se refaire une petite santé dans l'opinion.
Des petites tables cafétéria, toutes droit sorties d'un décor d'« Hélène et les garçons ». Pas besoin d'être trop « bon », tout se passait bien pour lui, le plateau étant enveloppé dans une sorte de torpeur ouatée. Même les plus pugnaces (Pierre le Menahes, l'ouvrier syndicaliste ou Sophie Poux, l'agricultrice) ne pesaient pas très lourd face à un politicien surpréparé.
Il renvoyait les balles sans difficulté, prénommant ses interlocuteurs à tour de bras : Sophie Rex, Samir (mais pas le retraité, « M. Berthelot »).
C'est sur les retraites que Sarkozy a été le plus précis
De ce spectacle, que reste-t-il ? C'est sur les retraites, le dossier du moment, qu'il a été le plus précis. Il s'est engagé à régler la question avant la fin année, il a indiqué les deux pistes actuellement explorées (l'allongement de la durée de cotisation, la prise en compte de la pénibilité du travail).
Il a promis de ne pas baisser le montant des pensions, a confirmé son engagement d'augmenter le minimum vieillesse, et expliqué vouloir traiter la question dans son ensemble, dans les secteurs public et privé.
Pour le reste, des discours compatissants pour ces Français de plateau qui ont « du mal à joindre les deux bouts », comme l'a répété Pernaut.
Des promesses dignes d'un candidat : « Le chômage va baisser dans les semaines et les mois qui viennent », « je n'accepterai jamais que des voitures [Renault, ndlr] vendues en France soient construites à l'étranger »…
Et pour faire passer le tout, quelques outrances (« avec l'apprentissage et la formation en alternance, on a 100% de chances d'avoir un emploi ») et quelques cris du coeur (« Je n'aime pas ce qui est pas juste »).
Enfin, l'une des Françaises présentes -la jeune auto-entrepreneuse Elodie Lepont-Jubin- avait déjà cotoyé les ors de la République à Matignon, en croisant François Fillon.