Les salariés de la Raffinerie des Flandres
suspendent le dégazage
Source : La Voix du Nord - le 12 août 2010
Mardi, à l'issue d'une assemblée générale, les salariés de la Raffinerie des Flandres qui avaient mis un terme à leur mouvement de grève il y a quelques semaines, ont décidé de suspendre les opérations de dégazage.
À la suite d'une décision de la Cour d'appel de Douai ordonnant le redémarrage du raffinage pour défaut d'information des représentants du personnel, Total avait lancé le 19 juillet des opérations de dégazage. Celles-ci peuvent aussi bien servir au redémarrage effectif de la production qu'à la reconversion du site.
Dans le même temps, afin de prouver leur détermination et montrer qu'ils n'étaient pas dupes, les syndicats Sud et CGT avaient lancé un ultimatum à Total, sommant le pétrolier de fournir aux salariés un calendrier pour le redémarrage du raffinage. Faute d'avoir eu gain de cause, ils ont obtenu la désignation d'un huissier pour faire constater que Total ne respectait pas la décision de la cour d'appel, afin qu'il soit condamné à verser l'astreinte de 100 000 E par jour, prévue par l'arrêt de la cour d'appel.
Selon Philippe Wullens, délégué Sud (majoritaire sur le site), le dégazage est suspendu jusqu'à la décision de la justice - dont la date n'est pas encore fixée - après les constatations de l'huissier.
"Mais les salariés ont toutefois décidé de rester sur le site afin de faire preuve de leur bonne volonté. Nous effectuons toutes les autres opérations nécessaires au redémarrage car notre but n'est pas de bloquer mais de travailler à la remise en état des installations pour reprendre l'activité."
Une nouvelle assemblée générale devrait être organisée demain afin de voir quelles suites donner à cette nouvelle action que la CGT aimerait visiblement durcir. Le syndicat aurait émis le souhait de reprendre la grève. Une option que ne veut envisager Sud, qui estime que cette nouvelle action serait contre productive. "Nous avons besoin, avant toute décision de justice, de prouver que nous sommes de bonne volonté face à la direction de Total qui se sert du jugement plus pour un dégazage que pour un redémarrage de l'usine", affirme philippe Wullens.
L'activité de la raffinerie des Flandres, qui emploie 367 salariés et environ autant de sous-traitants, avait été arrêtée provisoirement en septembre 2009 avant que la direction ne confirme le 8 mars son arrêt définitif.