La grogne contre "Edvige" gagne majorité et patronat
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Source : NOUVELOBS.COM - 09.09.2008
Après les dénonciations des milieux associatifs, syndicaux, et politiques - jusqu'au ministre de la Défense Hervé Morin -, la présidente du MEDEF s'en est prise à son tour au fichier qui permet aux services de renseignements de collecter des informations sur tout militant ou toute personne "susceptible de porter atteinte à l'ordre public".
L'inquiétude et les protestations contre le fichier de police Edvige, qui devrait permettre aux services de renseignements de collecter des informations sur tout militant ou toute personne "susceptible de porter atteinte à l'ordre public", ont gagné ces derniers jours les rangs de la majorité. Après les inquiétudes exprimées samedi par le ministre de la Défense Hervé Morin, c'est au tour du patronat, avec Laurence Parisot, de demander, lundi 8 septembre, des explications au gouvernement.
Ces prises de position avivent la mobilisation d'un collectif de syndicats, de partis et d'associations qui doivent donner une conférence de presse mardi à Paris et assurent avoir réuni plus de 100.000 signatures dans une pétition pour l'abandon du fichier.
Parisot demande des explications La présidente du Medef, Laurence Parisot, a demandé des explications lundi au ministère de l'Intérieur. "C'est quelque chose qui me gêne beaucoup. Je suis assez troublée par ce que nous sommes en train de découvrir".
Jamais trop au courant, la présidente du MEDEF (comme pour l'affaire UIMM !)
Le décret sur Edvige a été publié au JO le 1er juillet !
Jamais entendu parler de la pétition ?
"Je note que nous n'avons pas été consultés alors que nous sommes concernés en tant que militants de l'entreprise", a-t-elle dit. "Je souhaiterais que la ministre de l'Intérieur donne des explications. Je ne crois pas du tout que Michèle Alliot-Marie puisse être liberticide. Je crois qu'il faut que nous en sachions plus sur ce dossier qui est effectivement très, très important", a-t-elle ajouté.
Recours devant le Conseil d'Etat Des responsables de la gauche et du Modem, toutes les grandes centrales syndicales, de nombreuses associations demandent l'abandon de ce fichier de police et de nombreux recours ont été déposés devant le Conseil d'Etat, qui les examinera en décembre.
Edvige a été créé par un décret publié au Journal officiel le 1er juillet. Il permet de ficher les personnes "ayant sollicité, exercé ou exerçant un mandat politique, syndical ou économique ou qui jouent un rôle institutionnel, économique, social ou religieux significatif" et celles qui "en raison de leur activité individuelle ou collective, sont susceptibles de porter atteinte à l'ordre public".
Il sera possible d'y faire figurer des informations sur les situations patrimoniales, fiscales, les relations, la santé et l'orientation sexuelle des personnes fichées. Les mineurs pourront être fichés dès 13 ans.
François Chérèque (CFDT) : c'est "controler de manière inadmissible les citoyens"
"Je ne vois pas à quoi sert ce fichier, si ce n'est de contrôler de manière inadmissible les citoyens de ce pays. On demande que ce fichier n'existe pas. Ce n'est pas parce que ça existait et que c'était honteux qu'il faut l'officialiser. Ce fichier ne doit pas exister dans un pays démocratique", a dit sur Europe 1 lundi le secrétaire général de la CFDT François Chérèque.
L'avis de la CNIL : ICI Les principales dispositions du fichier Edvige : ICI