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Accord sur la réforme du marché du travail : "La contrepartie obtenue est relativement mince"

 

"La contrepartie obtenue

est relativement mince"

par Jean-Louis Dayan,

professeur associé à l'université de

Paris I- Panthéon Sorbonne, spécialiste de

l'économie du travail et de l'emploi

 

Les syndicats sont appelés à se prononcer cette semaine sur le projet d'accord signé vendredi sur la réforme du marché du travail. Quel est leur intérêt à signer ce texte ?

Si on s'intéresse au cœur de l'accord, il y a un échange manifeste entre les partenaires sociaux.
D'un côté, un assouplissement du contrat de travail (création de la rupture à l'amiable et d'un CDD de projet appelé à "terme incertain", et allongement de la période d'essai).
Si l'accord est signé, la partie patronale obtiendrait donc les éléments de flexibilité qu'elle réclame depuis longtemps. Mais cela reste à pondérer, puisqu'il n'est pas certain que les employeurs vont s'engouffrer là-dedans. Le précédent du CNE (contrat nouvelle embauche) peut les rendre circonspects. 
De leur côté, les syndicats obtiennent la "transférabilité" des droits des salariés (prévoyance et droit à la formation individuelle, le DIF). Le DIF a d'ailleurs connu des avancées quant à la position du patronat au début de la négociation, car il n'est plus transférable seulement pendant les périodes de chômage mais aussi vers un nouvel emploi.
Après, tout va dépendre de ce que pèsent, pour chaque syndicat, les avancées sur le DIF par rapport aux "reculs" sur le reste.

Au-delà du contenu, ce qui risque de beaucoup peser dans la signature du projet, c'est l'enjeu politique.
On pouvait au départ se demander si les partenaires avaient envie signer, tant le gouvernement faisait pression. Mais, maintenant, l'important, c'est la capacité d'autonomie des partenaires sociaux à trouver des compromis dans un domaine dans lequel ils n'en avaient pas trouvé depuis 20 ans, après l'échec en 1984 des discussions sur la flexibilité.
Au final, si les enjeux par rapport à la base sont très clairs concernant des dossiers comme les retraites, là, le sujet est assez pointu et moins sensible, à l'exception de la rupture à l'amiable, qui est le spectre de la rupture non motivée sans possibilité de recours.
Les possibles signataires pourront ainsi arguer que l'économie du contrat n'est pas fondamentalement modifiée, qu'il y a toujours un CDI et l'intérim et que les aménagements ne sont opérés qu'à la marge.

Mais la contrepartie obtenue par les organisations syndicales n'est-elle pas mince ? 

Si, je trouve qu'elle est relativement mince.
La contrepartie la plus tangible est la "transférabilité" des droits. Ce n'est pas négligeable mais cela ne concerne que les salariés qui changent beaucoup d'emploi, les CDD par exemple.
De plus, cette contrepartie est relativement théorique car le DIF est un droit à garantir son employabilité. Même s'il ouvre la porte à la "transférabilité" d'autres droits.
Sur le fond, l'accord est donc déséquilibré.
En même temps, il est important d'échapper à l'échec qui justifierait un retour en force de l'Etat, alors que certains n'attendaient que ça.
On aurait, par ailleurs, pu imaginer un élargissement du contrat de transition professionnelle (CTP). Or rien n'a été fait en ce sens, ou les choses ont été renvoyées à la prochaine négociation sur l'assurance-chômage.

Laurence Parisot, présidente du Medef, s'est félicitée d'"une vraie bonne nouvelle pour l'embauche en France". Concrètement, qu'est-ce qui va changer pour l'emploi ? 

Les études sur le sujet montrent que la flexibilité de l'emploi ne suffit pas, à elle seule, à accroître le nombre d'emplois disponibles et donc à faire baisser le chômage.
En revanche, cela permet plus de rotation et plus d'embauches.
En clair, ce sont les flux qui sont impactés, plus que les stocks.
Après, cela dépend de ce qui prendra le dessus…
La question importante ici est celle de la segmentation du marché du travail, le risque de perdre son emploi étant concentré sur un petit nombre de salariés. Or qu'a-t-on prévu pour éviter leur exclusion ?
Ce à quoi on peut s'attendre alors, c'est à une rotation plus rapide sur le marché du travail, mais pas forcément à un meilleur accompagnement de l'exclusion.

(Source : NOUVELOBS.COM   14.01.2008)

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D
Eh oui, c'est cela la "modernité" sauce Sarkozy / UMP / MEDEF !<br /> D'un autre côté, je pense qu'il ne faut pas trop accabler les syndicats (j'ai été longtemps négociateur dans la boutique, je connais un peu la difficulté d'arriver à un bon compromis). En tout état de cause, le diagnostic établi dans la campagne par Ségolène ROYAL s'avère encore d'actualité, sur le sujet du renforcement des syndicats en France. Elle l'a encore dit récemment.<br /> Le problème, les pressions en entreprise, tout cela est encore plus pesant quand on songe à la faiblesse, voir l'inexistence de représentants syndicaux dans les PME, et surtout TPE.<br /> Je note au passage que le PS, que des personnalités au PS si promptes à "enfoncer" notre candidate, n'abordent que très rarement, voire pas du tout ces questions. Sans doute une prédilection aux querelles intellectuelles interminables (en un seul mot !!!), en oubliant les problèmes pratiques que vivent les salariés en entreprise.
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D
après avoir supprimé 63 conseils des prudhommes, il s'attaque au contrat de travail en prétextant une flexibilité du travail . Flexibilité pour qui ? pour le MEDEF (dirigeant actuel du gouvernement !). Le contrat de travail pourra être rompu à l'amiliable entre employeurs et employés en toute légalité, je pense à certains employés qui sont victimes de harcelement moral au travail pour qui cet arrangement conviendra très bien à l'employeur afin de se séparer en toute légalité; En contrepartie les droits au chômage et à la formation seront accessibles à ces nouveaux licenciés. Quand je pense que la gauche avait proposer la formation toute au long de vie et ceci sans quitter son emploi ! j'espère que les syndicats signataires ont bien pesé le pour et le contre d'une telle décision. Aujourd'hui c'est le contrat de travail et demain ? : Ouvrier Klinex.<br /> Jean Luc
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