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16 décembre 2010 4 16 /12 /décembre /2010 09:00

 

Le Smic passera au 1er janvier de 8,86 à 9 euros bruts l'heure, en application de la revalorisation minimum légale et sans "coup de pouce" du gouvernement au nom de la défense de l'emploi, alors que les syndicats dénoncent une hausse équivalente à "une demie-baguette par jour".

DA44-101112

Ségolène ROYAL, dans un "chat" sur Le Monde.fr - le 15.12.2010

Qui peut vivre dignement

avec 1 073 euros net par mois,

alors même que tous les prix augmentent ?

 

melajara : Le smic ne sera pas revalorisé en 2011. Que vous inspire cette décision ? Qu'auriez-vous fait ? 

Ségolène Royal :

La non-augmentation du smic est un scandale. Qui peut vivre dignement avec 1 073 euros net par mois, alors même que tous les prix augmentent ? Un salarié sur dix est concerné. Il y a aussi tous ceux – et surtout toutes celles – qui sont à peine au-dessus du smic.

Dans le même temps, on vient d'apprendre que la rémunération des patrons des groupes du CAC 40 s'élève en moyenne à 200 fois le smic, soit 200 000 euros par mois. Sans compter, bien sûr, tout le reste – stock-options, etc.

Est-ce vivable ? Non. Est-ce tolérable ? Non. Est-il possible de faire autrement ? Oui. La preuve : lorsque j'ai rencontré hier les ouvriers licenciés par le groupe Danone, les "Lu", et ils viennent d'obtenir, dix ans après, une décision de la Cour d'appel qui annule ces licenciements qualifiés de "licenciements boursiers", j'ai dit qu'il fallait inscrire dans la loi cette jurisprudence, qui permettra de contrôler les licenciements et les délocalisations dans les groupes qui font des profits importants et qui en veulent toujours plus.

Dans ces groupes, c'est par un nouveau partenariat, comme cela se fait dans d'autres pays, qui donne plus de pouvoir aux organisations syndicales, que l'on peut rendre transparente la hiérarchie des salaires et donc augmenter les bas salaires.

 

jean f : Proposeriez-vous un smic à 1 500 euros comme en 2007 ? 

Ségolène Royal : Je défends la hausse du smic et des bas salaires. Comme vous le  savez, la formulation d'un montant précis doit s'accompagner de l'engagement de la façon dont on va s'y prendre pour l'obtenir. Sinon, une fois de plus, on ferait des promesses auxquelles les gens ne croient pas. Dans les petites entreprises, un bond de 50 % du smic sera difficile à mettre en place, et peut même menacer leur avenir. Dans les grands groupes, il est évident que c'est plus que possible.

C'est pourquoi, pour que ce soit possible pour tous les salariés de voir les bas salaires augmenter, il faut faire une réforme fondamentale, celle qui consiste à moins taxer le travail que le capital. C'est là que se trouve la clé d'une autre répartition des richesses. Si, par exemple, on pouvait, dans les petites entreprises, verser aux salariés le smic brut au lieu du smic net, on aurait déjà une augmentation de 300 euros par mois. Ce qui supposerait de faire contribuer les revenus financiers à la protection sociale.

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