Rupture dans la rupture. Nicolas Sarkozy veut "moraliser le capitalisme". Profondément choqué que des dirigeants puissent s'offrir des parachutes dorés, il promet de les supprimer dare-dare... dès qu'il sera élu président de la République, dans le courant de l'été 2007. Retour vers le futur...
Scandalisé. Le 19 avril 2007, Sarkozy promet : "Je veux parler à la France qui n'a pas de stock-options ni de parachutes en or, mais qui travaille dur pour faire vivre sa famille [...] J'en ai assez que certains pensent qu'on doit être récompensé, y compris quand on a échoué. Et si je suis élu président de la république, je ferai voter dès l'été 2007 une loi qui interdira la pratique détestable des Golden parachutes parce que c'est contraire aux valeurs qui sont les miennes".
Révolté. Le 29 mai 2007, Sarkozy rassure : "La pensée unique ne croyait pas à l'interdiction des parachutes dorés. Cette interdiction je l'ai promise, je vais donc la mettre en oeuvre, parce c'est contraire à l'éthique du capitalisme. Je veux moraliser le capitalisme français".
En 2008, il dénonce. En 2009, il critique... Et en 2012, il fera quoi ? La "pensée unique" en frémit d'avance, Thierry Morin en tête, ex PDG de Valeo qui vient de prendre la tangente avec un chèque de 3,2 millions d'euros en poche... Jean-Paul Béchat (Safran) : 4,1 millions d'euros... Frédéric Rose (Thomson) : 2 millions d'euros... etc.
Vidéo envoyée par asi
Paradis fiscaux, fonds spéculatifs, stock-options, parachutes dorés... Le sommet du G20 qui s'est déroulé cette semaine à Londres clôt plusieurs semaines d'initiatives diverses pour tenter de régler la crise financière. Mais qu'est-ce qui relève du bluff, de la gesticulation, de l'intox ? En France, Nicolas Sarkozy est passé maître dans l'art de promettre des réformes qu'il ne mettra jamais en place.
