Source : LIBERATION.FR - 7 avril 2009
Le ministre des Affaires étrangères affirme avoir été choqué par les pressions turques contre le choix du Premier ministre danois comme patron de l'Otan.

Décidément, Bernard Kouchner n’en finit plus de retourner sa veste.
Ce mardi, le ministre des Affaires étrangères a affirmé qu’il n’était plus favorable à l’entrée de la Turquie dans l’UE.
"Moi, j’étais partisan de l’entrée de la Turquie dans l’Union européenne", a déclaré sur RTL le ministre, précisant qu’il ne l’était plus depuis le sommet de l’Otan samedi à Strasbourg.
Lors de cette réunion, la Turquie a longtemps bloqué l’approbation du Danois Anders Fogh Rasmussen comme secrétaire général de l’Otan, avant de céder à des pressions américaines en échange de plusieurs garanties.
Comme on lui demandait pourquoi il parlait à l’imparfait de son soutien à l’entrée d’Ankara dans l’UE, Bernard Kouchner a répondu: "Oui, parce que j’ai été très choqué par cette forme de pression qui a été exercée sur nous" lors du sommet de l’Otan.
A l’appui de son opposition, la Turquie a reproché à Anders Fogh Rasmussen d’avoir défendu la publication au Danemark de caricatures controversées de Mahomet qui avaient provoqué la colère du monde musulman en 2005. Les Etats-Unis se sont portés garants de plusieurs engagements du Danois à favoriser, une fois à l’Otan, un dialogue avec le monde musulman. Selon la presse turque, plusieurs postes clés au sein de l’Alliance devraient aussi revenir à Ankara.
Ce rappel de l’affaire des caricatures de 2005 "me semblait, le moins qu’on puisse dire, maladroit". Et "l’évolution de la Turquie dans le sens, disons, d’une religion plus renforcée, d’une laïcité moins affirmée, m’inquiète", a aussi souligné Bernard Kouchner. Au sommet de l’Otan, "la pratique (des Turcs) m’a choqué", a-t-il insisté.
Dimanche, Barack Obama s’était prononcé pour l’entrée de la Turquie. "J’ai toujours été opposé à cette entrée et je le reste", a vertement répliqué peu après Nicolas Sarkozy.