
Interrogé ce matin sur France 2 sur la fiscalisation des indemnités journalières des victimes du travail, Xavier Bertrand, secrétaire général de l’UMP, a estimé que cette proposition était cohérente.
Pour la FNATH, l’UMP vient d’inventer "la cohérence sélective". En effet, après avoir précisé, dans le même entretien, que ce serait "une erreur tragique d’augmenter les impôts", il semble accepter l’idée d’imposer les victimes du travail. Cela constitue pourtant indéniablement une augmentation de l’imposition, qui plus est de personnes fragilisées.
La FNATH partage le souci de cohérence et interpelle donc le parti majoritaire sur les incohérences nombreuses dans le domaine de la réparation des victimes du travail...
Par exemple :
Est-il cohérent que les victimes du travail restent les seules dans notre pays à ne pas être intégralement indemnisées de leurs préjudices, en particulier des préjudices personnels (préjudice moral, esthétique, d’agrément,…) ?
Est-il cohérent qu’une veuve d’une victime du travail ne touche pas la même rente selon que son mari est décédé avant ou après le 1er septembre 2001 (elle touchera en effet dans le premier cas 30 % du salaire de la victime décédée et 40% dans le deuxième cas) ?
Dans notre pays, il vaut mieux être mort depuis le 1er septembre 2001 pour permettre à sa veuve de bénéficier d’une rente plus importante, même si elle reste une pension de misère, revalorisée au lance-pierre.
Est-il cohérent de devoir attendre près de 10 ans pour voir la faute inexcusable de l’employeur reconnue et donc être indemnisé véritablement ?
Si le gouvernement souhaite mette le sujet de l’indemnisation des victimes du travail sur la table, la FNATH participera activement à ce débat qu’elle réclame depuis des décennies.
En revanche, il est trop facile de parler de cohérence pour certains sujets et de fermer les yeux sur les multiples inégalités et incohérences qui touchent les victimes du travail.