"Partout où on a travaillé ensemble, avec les Verts, avec les communistes, avec les radicaux , nous devons
défendre en commun notre bilan", affirme encore le député des Alpes-de-Haute-Provence.
Revenant sur la cacophonie actuelle au Parti socialiste, l’ancien directeur de campagne de Ségolène Royal à l’élection présidentielle a jugé les débats des derniers jours "consternants". "Que les éléphants, les sous-éléphants, les éléphanteaux, arrêtent pendant trois mois de se regarder le nombril, de parler d’eux-mêmes, de parler du PS, surtout pour dire qu’il va mourir, et qu’ils fassent des propositions", a-t-il exhorté.
Estimant que le PS a "un problème de leadership", ce proche de Ségolène s’est toutefois défendu "de savonner la planche à Martine Aubry". Et tout en affirmant que "Ségolène Royal est au-dessus de la mêlée", il a assuré que la première secrétaire du PS et l’ex-candidate à la présidentielle "s’entretiennent au téléphone très souvent, … plusieurs fois par semaine."
En réponse à la proposition de "maison commune de la gauche" de Martine Aubry, Cécile Duflot, la secrétaire nationale des Verts, s’est fendue d’une lettre, hier. Elle explique à Libération pourquoi elle se rendra "avec plaisir" à l’université d’été des socialistes de La Rochelle, fin août, participer à un débat avec Bertrand Delanoë et Benoît Hamon intitulé "Penser l’avenir". Avant un déjeuner très médiatique avec la première secrétaire du PS.
Les Verts ne se voient pas en jardiniers de la "maison commune" ?
La tonalité de ma réponse n’est ni agressive ni vindicative. Mais la proposition de la première secrétaire du PS repose à mes yeux sur une erreur d’analyse. Plutôt que de réfléchir en termes de structure, souple ou dure, en brique ou en ciment, ce qui manque, c’est une discussion de fond. Sur les questions du progrès et de la croissance, de la radicalité environnementale, de la régulation écologique du libéralisme. Nous devons inventer un nouveau modèle. Il faut mettre en œuvre une table ronde permanente entre gauches et écologistes pour construire un nouveau projet de société.
Pourquoi vous rendre à La Rochelle ?
Les socialistes m’ont invitée. J’irai pour dire tranquillement que nous devons avoir ce débat. Pour moi, un projet de transformation sociale du XXIe siècle ne peut qu’être écologiste. L’écologie n’est pas une propriété privée, mais une véritable nécessité. Quand on n’a pas de débat de fond, c’est soit par peur de faire surgir des divergences ou, pire, parce qu’on n’a pas de sujet à débattre. C’est ce que j’ai ressenti depuis quelque temps, non pas avec tel ou tel dirigeant, mais avec le PS en tant que parti. Les Verts n’ont pas toutes les réponses, mais posent pas mal de bonnes questions.
Le Parti Socialiste est encore votre partenaire ?
Avec Europe écologie, on sort du clivage traditionnel. Mais on n’oublie pas nos valeurs de gauche : la justice sociale, l’égalité, la solidarité, etc. Le PS est un parti avec lequel nous sommes susceptibles de passer des accords de second tour lorsqu’il y a de la proportionnelle. De fait, c’est avec eux que nous gérons un certain nombre d’exécutifs. Parfois facilement et parfois difficilement : ce qui prouve que certains socialistes sont plus ouverts que d’autres.
Benoit Hamon proposait de vous céder des présidences de régions en échange d'une union au premier tour des régionales ...
C’est une façon de reconnaître qu’il s’est passé quelque chose le 7 juin, au-delà de l’épiphénomène des européennes. Mais si on reste dans une logique de troc et pas de projet politique, on continuera d’alimenter le discrédit. Bien sur que je souhaite des présidents de région écolos, mais je souhaite encore plus que ce soit les électeurs qui le veuillent. Voilà pourquoi nous présenterons non pas des listes autonomes, mais des listes de rassemblement des écologistes, en élargissant encore leur périmètre.
Autonomie ou alliance avec le Parti socialiste au premier tour des régionales de mars 2010 ? Parmi les 170 élus régionaux verts sortants, certains traînent des pieds pour s’émanciper du PS, avec qui ils ont cogéré plusieurs régions depuis 2004.
"En Poitou-Charentes, note Daniel Cohn-Bendit, Ségolène [Royal] a un bon bilan écolo. Cela ne veut pas dire qu’on ne peut pas défendre, au premier tour, un projet pour aller plus loin." Vice-président de la région Poitou-Charentes, le vert Serge Morin se montre plus réticent à couper le cordon ombilical avec la socialiste.
Êtes-vous favorable à une liste autonome des Verts au premier tour ?
Nous avons vu Cécile Duflot [secrétaire nationale des Verts, ndlr] courant juillet, qui nous a expliqué que la ligne nationale, c’était des listes autonomes. Nous sommes dans un parti démocratique et, selon nos statuts, c’est dans les assemblées générales régionales que cela se décidera, à la mi-octobre. Compte tenu des résultats des européennes, quelles seront les propositions de nos partenaires socialistes, communistes, radicaux de gauche ? Nous en débattrons entre adhérents des Verts des quatre départements de la région. Nous avons commencé à travailler sur le bilan du mandat et un préprogramme avec les militants verts et ceux d’Europe-Ecologie.
Comment jugez-vous le bilan
écologique de Ségolène ROYAL dans votre région ?
Même nous, les Verts, on dit qu’il est bon. Ce n’est pas celui de Ségolène Royal, mais celui de la région, "managée" par la gauche, ses 55 élus et les deux vice-présidents verts sur douze. Sur la diversification de l’énergie, la biodiversité, la politique de l’eau, nous avons obtenu des délégations et nous nous sommes énormément investis. Nous avons travaillé avec le PS sans désaccord. Sur des questions clés, j’ai toujours demandé des arbitrages en réunion de majorité. Ségolène, je la connais depuis trente ans, je sais comment elle fonctionne. La présidente tranche. Mais je n’ai jamais eu de carton rouge. Nous sommes fiers du bilan de l’ensemble de la gauche.
Une gauche divisée ne risque t-elle pas de faire le jeu de l'UMP ?
Ce qui est clair, c’est qu’il n’est pas question de faire le jeu de Jean-Pierre Raffarin pour qu’il revienne à la tête de la région. Nous allons discuter avec nos partenaires. Ségolène Royal a dit : "Je ne retiens personne." Elle a demandé que les élus bossent jusqu’en février. Nous ne sommes pas pieds et poings liés avec le PS.
La secrétaire nationale des Verts est candidate pour mener la liste écologiste aux élections régionales en Ile-de-France.
Sa candidature doit être avalisée par son parti et le mouvement Europe-Ecologie.
Cécile Duflot avec Daniel Cohn
Bendit
La secrétaire nationale des Verts, Cécile Duflot, annonce qu’elle est candidate pour mener la liste écologiste aux élections régionales en Ile-de-France, dans une interview au quotidien Le Parisien-Aujourd’hui en France.
"Après nos journées d’été à Nîmes (20 au 22 août), j’avais dit que je prenais deux jours pour réfléchir. C’est fait et j’ai décidé de me lancer, je suis candidate à la candidature en Ile-de-France."
Sa candidature doit être avalisée par les Verts et le mouvement Europe-Ecologie. Cécile Duflot assure qu’elle en a "parlé à tout le monde".
Un carton aux européennes
La liste d’Europe Ecologie menée par Daniel Cohn-Bendit avait largement devancé celle du PS en Ile-de-France aux élections européennes du 7 juin par 20,87% des suffrages contre 13,57%.
Alors que le président sortant de la région, le socialiste Jean-Paul Huchon qui a gouverné avec les Verts, souhaite se représenter, la candidate, 34 ans, affirme que ce n’est pas s’opposer que de proposer un projet différent".
"Nous montrerons aux électeurs ce qui changera s’ils nous donnent les clés de la région. Nous en ferons la région majeure de la lutte contre le réchauffement climatique. Nous insisterons aussi sur les questions de solidarité et d’emploi, sur les services publics et la nécessité de retisser du lien social", affirme-t-elle.
(source : parti-socialiste.fr)
Ainsi que nous l'annoncions dans notre édition d'hier, l'ordre est tombé de l'Élysée : sauf nouvelle surprise au sein d'une armée UMP pictocharentaise dont les généraux ont tendance à se glisser des peaux de banane sous les bottes, c'est Dominique Bussereau, secrétaire d'État aux Transports, qui va mener la liste UMP des régionales contre la sortante Ségolène Royal.
Une décision qui, pour l'heure, ne doit pas enchanter grand monde dans le camp UMP : le Charentais Henri de Richemont qui avait été élu chef de file en janvier dernier par les militants doit l'avoir saumâtre d'avoir été renvoyé sans façon dans sa verte campagne. Dominique Bussereau, tout nouveau président du conseil général de Charente-Maritime - et bien content de l'être - ne doit pas être emballé face à la mission qui l'attend. Il a d'ores et déjà expliqué qu'il ne dirait pas un mot sur le sujet avant le 28 novembre, date de la désignation officielle des têtes de liste UMP.
Il est en tout cas assuré de ne pas
avoir une ingrate face à lui. Hier, Ségolène Royal a décoché les premières flèches en qualifiant son futur adversaire de "sommet du cumulard", ajoutant, perfide, que "la morale veut qu'on garde
le dernier mandat sollicité auprès des électeurs".
"Donc, a-t-elle précisé, M. Bussereau, quelle que soit l'issue de l'élection, devra rester au conseil régional et démissionner du conseil général."
Elle a également évoqué Nicolas Sarkozy "dont on dit qu'il s'occupe de moi". Et d'ironiser : "Les moyens d'appui au sol et dans les airs vont suivre. Les bataillons vont s'aligner. Les défilés des ministres se poursuivre en région."
Et avant de rendre un hommage appuyé à Henri de Richemont ("c'était un très bon candidat pour l'UMP car il correspond à
l'identité du terrain, c'est un homme de centre droit, consensuel, correct"), elle s'est demandé si "Dominique Bussereau, actuel ministre du gouvernement, avait l'intention de venir en région
pour y faire ce qui est fait au niveau national".
Et de pointer du doigt "la création de 22 taxes supplémentaires"» de la part du gouvernement.
Après s'être occupée du cas Bussereau, Ségolène Royal a parlé des émeutes de Poitiers, samedi dernier, en rejetant la
responsabilité sur le préfet de région qui était "informé" et qui n'aurait pas pris les décisions adéquates.
Elle a aussi parlé de son refus d'entrer à la direction du PS : "Je n'ai pas claqué la porte, je n'y suis pas allée. Parce que je suis mal à l'aise dans les appareils politiques, notamment dans celui-ci."
En Poitou-Charentes, voilà une dizaine de jours, tout le monde aurait misé sur une réélection facile de Ségolène Royal lors des régionales de mars prochain. La preuve qu'en politique tout peut changer très vite : désormais, avec l'entrée en lice de Dominique Bussereau et la décision des écologistes de faire cavalier seul au premier tour, les pronostics sont beaucoup plus hasardeux. Le point à cinq mois de ce scrutin.
Ce qui est sûr
Ségolène Royal sera donc à la tête des troupes socialistes après avoir été désignée haut la main par les militants des quatre départements. Elle sera face à Dominique Bussereau, secrétaire d'État aux Transports et président du Conseil général de Charente-Maritime, qui, lui, a été désigné... par le président de la République. Au début de l'année, l'actuel leader de l'opposition au Conseil régional, Henri de Richemont, avait été élu "chef de file" par les adhérents de l'UMP. Il en restera là et c'est M. Bussereau qui partira à l'assaut de la forteresse Royal. Même si (coquetterie de langage ?) l'élu maritime ne cesse de rappeler que les investitures officielles tomberont le 28 novembre.
Au centre, le Modem concocte ses listes, et il se confirme qu'il partira seul. La tête de liste n'a pas encore été désignée.
Également seuls, les écologistes, qui ont voté en ce sens à une écrasante majorité voici dix jours à Niort. Ce qui a eu le don de mettre Ségolène Royal fort en colère. Elle pensait que son credo de l'«excellence environnementale» et sa proximité avec les élus verts de sa majorité la mettraient à l'abri d'une telle mauvaise surprise, qu'elle n'est pas loin de considérer comme une mauvaise manière. Dernière certitude, la tête de liste du Front national sera confiée au secrétaire départemental de Charente-Maritime, Jean-Marc de Lacoste-Lareymondie.
Ce qui est probable
Ségolène Royal va tout faire pour ouvrir ses listes à des écologistes, reconnus comme tels, en désaccord avec la position prise par des militants que le résultat des européennes a grisés. Elle pourrait également accueillir des personnalités centristes.
À l'UMP, aux côtés des leaders d'expérience (Richemont en Charente, Argenton dans les Deux-Sèvres et bien sûr Raffarin dans la Vienne, qui poussera la liste mais ne la tirera pas), beaucoup de nouvelles têtes devraient faire leur apparition. En particulier, nombre de maires nouvellement élus l'an passé. Comme Véronique Marendat et Jean-Marc de Lustrac en Charente, Sylvie Marcilly en Charente-Maritime.
Ce qui reste à régler
La principale interrogation qui demeure concerne la gauche de la gauche. En particulier les communistes. Après la recommandation mi-chèvre mi-chou de leurs instances nationales ce week-end, des délégués vont voter dans chaque région... avant que les militants ne votent pour dire s'ils sont d'accord avec les délégués. Pourquoi faire simple ?
Au niveau des élus, il est clair qu'ils repartiraient bien avec les socialistes, sauf dans les Deux-Sèvres, où certaines figures du PC ont de vieux comptes à régler avec Ségolène Royal. Il n'est d'ailleurs pas à écarter que cette question des régionales cause de sérieux dégâts internes dans le parti. La diplomatie tout orientale de son presque octogénaire timonier régional, Paul Fromonteil, n'est pas certaine de pouvoir empêcher la tempête.
Reste que Ségolène Royal a dit qu'elle attendrait leur décision jusqu'à la fin de novembre. Ensuite, de l'attitude du PC dépendra celle des amis de Jean-Luc Mélenchon, du Parti de gauche.
Quid, enfin, des représentants picto-charentais du NPA d'Olivier Besancenot ?
Ils vont sans doute entonner le refrain qu'il convient de battre la droite. Et partir seuls...
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